Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 23 mai 2018

Baptiste Giraud, Karel Yon, Sophie Béroud, Sociologie politique du syndicalisme

 
Baptiste Giraud
Karel Yon
Sophie Béroud
Sociologie politique du syndicalisme 
Armand Colin
2018

Présentation de l'éditeur
Comment expliquer le morcellement du syndicalisme français ? Pourquoi si peu de salariés adhèrent aux syndicats ?
Tous les syndicalistes sont-ils des professionnels du dialogue social coupés de leur base ? Pour répondre à ces questions classiques dans les controverses politico-médiatiques, ce manuel propose une synthèse des travaux récents conduits dans les champs de la sociologie et de la science politique autour de l’analyse des organisations syndicales, de leurs adhérents et de leurs pratiques. Il fait le pari que les outils de la sociologie politique permettent une analyse plus fine du phénomène syndical. En abordant des questions telles que les dynamiques de l’engagement militant, les ambivalences du processus d’institutionnalisation ou bien encore les modalités du travail de représentation, cet ouvrage développe des questions qui intéresseront tous les étudiants en sociologie et science politique mais aussi toutes celles et ceux désireux de dépasser les schématismes et de comprendre les spécificités du syndicalisme en France.
Sophie Béroud est maître de conférences en science politique, Université Lyon 2, membre du laboratoire TRIANGLE, enseignements en licence et master. Baptiste Giraud est maître de conférences en science politique à la Faculté d'Economie et de Gestion d'Aix-Marseille Université, Membre du Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail (LEST). Karel Yon est chargé de recherches CNRS, membre du Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS), Lille 2 /CNRS, Membre du Conseil national des Universités.

 


lundi 21 mai 2018

Dominique Lorrain, L’urbanisme 1.0. Enquête sur une commune du Grand Paris

Dominique Lorrain
L’urbanisme 1.0
Enquête sur une commune du Grand Paris
Raisons d'agir
Raisons d'agir
2018


Présentation de l'éditeur
Avec le Grand Paris, la construction est repartie de plus belle : logements, équipements, infrastructures. Ce livre propose une lecture des transformations d’une commune de l’Est parisien à partir d’une « économie politique du détail ». Grâce à une étude minutieuse combinant plusieurs points de vue, il sort des grandes fresques pour expliquer comment la ville change par une suite d’opérations qui, répétées, modifient une rue, un quartier et la recomposent. Il donne à voir comment l’histoire s’écrit et quels en sont les impacts pour les habitants.
Quels sont les effets d’une densification qui réduit les espaces verts et ne prend pas en compte la voirie, le stationnement et les équipements? Ce livre riche en informations éclaire aussi plusieurs questions générales. Il interroge le pilotage de la politique du logement dans le Grand Paris. Il questionne le rôle des élus 35 ans après la décentralisation. En étudiant plusieurs opérations, il éclaire les notions d’asymétrie entre promoteurs et habitants, de « capture » des élus, il dévoile des niveaux de profits et de rente. Il démontre par des petites histoires significatives qu’il ne peut y avoir de changement sans vision et sans les « bonnes institutions ». Il aide finalement à mesurer l’ampleur du chemin à parcourir pour concevoir des « villes durables ».

samedi 19 mai 2018

vidéo: Pierre Bourdieu, émission sur Capital humain, Capital culturel (avec Jean-Claude Eicher), 1 janvier 1977


vidéo: Pierre Bourdieu, Capital  humain, Capital culturel  
(avec Jean-Claude Eicher)
Secrétariat d'État aux Universités
Auteur(s) : MARIET F., LANCELOT A. 
Producteur : ENS Fontenay/St Cloud 
Réalisateur :Jean-Clause TERTRAIS
CERIMES  
Canal U
1 janvier 1977 



voir également:   
Publications de Pierre Bourdieu: du capital culturel au capital informationnel

Pierre Bourdieu sur le concept de Capital   

Pierre BOURDIEU audio-video



vendredi 18 mai 2018

vidéo: Rémi Sinthon, Repenser la mobilité sociale



Collection: Livres en scène .  Copyright : Direction de l'Image et de l'Audiovisuel de l'EHESS,/2018
Rémi Sinthon
Repenser la mobilité sociale
EHESS
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Comment décrire la place de chacun dans une société ? Comment rendre compte de la position sociale atteinte par un individu, par une famille ou par un groupe ?
Rémi Sinthon dresse un bilan critique de la façon dont la sociologie a abordé jusqu'à présent les questions de stratification et de mobilité sociales. Il décèle une série d'impensés récurrents de la discipline et suggère en conséquence d'abandonner la notion même de mobilité sociale. Inspiré par les travaux de Pierre Bourdieu, il opte pour une analyse radicalement différente qui met au premier plan l'investissement et la reconversion des capitaux.
Rémi Sinthon est docteur en sociologie de l'EHESS. Il travaille sur la formation des statuts sociaux dans la France contemporaine, sur le rôle qu'y prennent les différents capitaux et les modes de socialisation associés. Il s'est intéressé plus spécifiquement à l'entrée dans l'âge adulte, aux usages du capital culturel, aux inégalités devant le système éducatif et à l'inscription territoriale des capitaux.

 

 

jeudi 17 mai 2018

vidéo: Christel Coton, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme


Christel Coton
Officiers 
Des classes en lutte sous l’uniforme
Agone
L'Ordre des choses
2017

 
Présentation de l'éditeur
La reproduction sociale dans l’armée, un éclairage sur la violence du monde social.
"Les remarques anodines sur les tares des armes non combattantes sont légion et elles contribuent toujours à les dévaluer plus ou moins gentiment.
David, saint-cyrien, évoque la piètre qualité de l’annexe « Génie de l’exercice » dont il fait partie. Damien, membre de l’infanterie, s’en amuse et, tout en élevant la voix et en bombant le torse, il lui lance : « Ça, c’est un truc que tu n’as pas encore compris. Que vous n’êtes qu’une annexe ! Sans nous, vous n’existez pas. » Il lui tend son pied à baiser et lance mi-sérieux, mi-complice : « Sans l’infanterie, vous êtes rien du tout ! Vous n’existez que par nous et pour nous ! » David ne s’en offusque pas et nourrit même l’interaction de quelques clichés bien trouvés sur les sapeurs peu disposés à se surcharger de travail."
Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour « recadrer » et « remotiver » la jeunesse déshéritée, on sait en réalité bien peu de choses sur cette institution. Cet ouvrage, fruit d’une enquête par immersion en milieu officier, nous ouvre les portes d’un univers encore méconnu et en renouvelle les cadres d’analyse tout à la fois sociologiques et politiques. L’auteure, sociologue, a mené cette enquête en devenant stagiaire dans une école d’état-major, puis civile « embarquée » dans un régiment de combat. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social. Sous l’uniforme, des tensions sociales, scolaires et politiques polarisent très fortement l’entre-soi militaire. Tout en nous apprenant qui sont les futurs chefs de l’armée française, cet ouvrage vient rappeler que tandis que la critique antimilitariste a beaucoup faibli depuis la fin de la conscription, l’armée continue de recruter largement dans les classes populaires.
Christel Coton est maître de conférences en sociologie à l’université Paris Panthéon Sorbonne, membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP-CSE). Ses recherches portent principalement sur l’institution militaire et les rapports de classe.




mercredi 16 mai 2018

Lise Bernard, La précarité en col blanc. Une enquête sur les agents immobiliers

Lise Bernard
La précarité en col blanc
Une enquête sur les agents immobiliers
Puf
Le Lien social
2017


Présentation de l'éditeur
À partir de témoignages et d’une enquête dans une agence immobilière parisienne, Lise Bernard dévoile les coulisses d’un monde de l’immobilier largement fantasmé. Contrairement à une image très répandue, les agents immobiliers sont exposés à une forme de précarité : s’ils peuvent percevoir des rémunérations élevées, leurs revenus sont incertains car déterminés en grande partie, voire entièrement, par les ventes qu’ils réalisent. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui quittent le métier faute de pouvoir en vivre. Ce livre explore l’univers de ces hommes et de ces femmes confrontés à ce que Lise Bernard nomme une « précarité en col blanc ». Il fait le récit de leur quotidien, de leurs inquiétudes, de leurs aspirations, de leurs valeurs. Combinant ethnographie et statistiques, il donne à voir une condition professionnelle emblématique de transformations profondes affectant la société française. Contribution originale à l’analyse de la structure sociale, ce livre aide à réfléchir aux manières de travailler et de vivre dans une société où les services à la personne, les relations de clientèle et l’individualisation des trajectoires ne cessent de se répandre.

Sociologue, Lise Bernard est chargée de recherche au CNRS et membre du Centre Maurice Halbwachs (CNRS, ENS, EHESS).

lundi 14 mai 2018

vidéo: Louis Pinto, L'invention du consommateur



Louis Pinto, « La consommation : déconstruction et construction »
Journées d’études : « Construction d’objet »,  27-28 mars 2018
organisées par Louis Pinto
CESSP-CNRS
59-61 rue Pouchet 75017 Paris
Copyright : CC BY NC SA  
Canal U



Louis Pinto
L'invention du consommateur
PUF
Le Lien social
2018

Présentation de l'éditeur
Loin d’être une simple étiquette neutre, la notion de consommateur est le résultat d’une histoire dont les dimensions sont intellectuelles et politiques. Au consommateur « aliéné » mis en avant par les critiques radicales de la « société de consommation », les libéraux ont opposé la vision optimiste d’un agent économique libre et informé, trouvant dans une offre abondante, diversifiée et renouvelée, les moyens de son épanouissement. Le débat a confronté au cours des années 1970-1980 des journalistes, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires, des juristes. Pour l’essentiel, les choses en sont là aujourd’hui encore. Les libéraux l’ont emporté : qui oserait s’opposer au libre choix d’un consommateur souverain, pierre de voûte d’un ordre social fondé sur les valeurs marchandes ?
Louis Pinto éclaire cette consécration du consommateur à travers plusieurs angles : l’action gouvernementale, celle des intellectuels, celle des militants consommateurs et de la presse consumériste, le droit de la consommation et la formation des vendeurs.
Louis Pinto, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS et enseigne à l'EHESS. Il a beaucoup publié sur le thème de la consommation et des consommateurs. Ses autres domaines de recherche sont la culture, les intellectuels et les philosophes ; il est notamment l'auteur de La religion intellectuelle. Emmanuel Levinas, Hermann Cohen, Jules Lachelier (Puf, 2010).