Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 25 avril 2017

Collectif du 9 août, Quand ils ont fermé l’usine. Lutter contre la délocalisation dans une économie globalisée

Collectif du 9 août
Quand ils ont fermé l’usine
Lutter contre la délocalisation dans une économie globalisée
Agone
L'Ordre des choses
2017
 
Présentation de l'éditeur
Les effets de la délocalisation et l’organisation pour s’en défendre à partir de l’expérience concrète des ouvriers de Molex

"Il est 11 h 30 le 23 octobre 2008 lorsque les haut-parleurs de l’usine appellent les salariés à se rassembler. Dans la cour, les représentants syndicaux lancent avec effroi : « L’usine va fermer. » Les salariés présents cessent aussitôt le travail ; les autres apprennent la nouvelle par téléphone sur leur lieu de vacances ou dans les travées d’un supermarché. Une ouvrière parle d’un choc monstre : « On s’est tous regardés, en silence, anéantis. Quand on est sortis, il y avait de tout. Les gens partaient à droite, à gauche, des cris et des larmes. On aurait dit qu’on avait assisté au crash d’un avion. »
Peu après, une manifestation est organisée dans les rues de Villemur. Les commerçants baissent leur rideau en solidarité avec les salariés, le prêtre fait sonner le tocsin. Un ancien salarié raconte : « En arrivant en ville, on a vu un nombre, on s’est demandé ce que tous ces gens foutaient là, et c’est vrai que nous, ouvriers de l’usine, on s’est sentis accompagnés, on s’est dit qu’on n’était pas tout seuls. » "
Cet ouvrage retrace la lutte des salariés licenciés de l’usine Molex, dans la commune de Villemur-sur-Tarn, pour empêcher la fermeture de « leur » usine dans un contexte de mondialisation de l’économie, de désindustrialisation française et de délocalisation, sur fond de crise économique en 2008. Il s’agit de comprendre les conséquences du licenciement tout autant que de la mobilisation politique sur les salariés licenciés. Ce livre est le résultat d’une recherche collective menée durant six ans par des politistes et sociologues qui ont suivi la fermeture du site de production et le combat des salariés.
Cette lutte a quelque chose d’improbable, tant en raison du choix des armes (principalement juridiques) que de son succès médiatique, alors même que la population mobilisée n’est ni particulièrement militante, ni particulièrement syndiquée. Pour l’expliquer, cette recherche montre comment les logiques managériales et le positionnement des dirigeants ont structuré les salariés.
Le Collectif du 9 août est composé de neuf politistes et sociologues, en poste à Toulouse, Paris, Lyon, Lille et Marseille. Ils sont issus de diverses spécialités – sociologie politique, sociologie du travail, sociologie des médias, socio-histoire : Olivier Baisnée, Anne Bory, Bérénice Crunel, Éric Darras, Caroline Frau, Jérémie Nollet, Alexandra Oeser, Audrey Rouger, Yohan Selponi. Le nom du collectif est une référence à la décision de la cour d’appel de Toulouse du 9 août 2016 qui juge le licenciement économique des salariés de Molex Villemur « sans cause réelle et sérieuse » tout en précisant qu’en l’absence de situation de co-emploi la maison mère Molex Inc. ne paiera pas d’indemnités.  

lundi 24 avril 2017

Sarah Mazouz, La République et ses autres. Politiques de l'altérité dans la France des années 2000

Sarah Mazouz
La République et ses autres
Politiques de l'altérité dans la France des années 2000 
ENS
Gouvernement en question(s)
2017 

Présentation de l'éditeur
La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d'années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l’altérité ». À partir d’une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs étatiques de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d’une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s’articulent dans l’espace social immigration, nation et racialisation. Par l’analyse de ces deux politiques publiques, elle questionne les processus d’inclusion et d’exclusion à l’intérieur même du groupe national (via l’examen des modalités prises par l’anti-discrimination) et à l’extérieur, entre le national et l’étranger (à travers l’étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s’attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l’ordre national.

samedi 22 avril 2017

en ligne: Pierre Bourdieu & Jacques Bouveresse, " Conformismes et résistance " (Oxford, 1996)



Source des Photos: Maison française d'Oxford sur Facebook


Merci à la Maison française d'Oxford pour le pdf ci-dessous et l'autorisation de diffusion

(Débat, Oxford, 1996), in La Lettre de la Maison française d'Oxford, 7, p.177-189, aussi in Jacques Bouveresse, Bourdieu, savant & politique, Agone, 2004





voir également: Pierre Bourdieu, à propos de Jacques Bouveresse, et Bouveresse, à propos de Bourdieu




vendredi 21 avril 2017

Paniques identitaires. Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales, Sous la direction de Laurence De Cock et Régis Meyran

 
Paniques identitaires
Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales
Sous la direction de Laurence De Cock et Régis Meyran 
Du Croquant
Détox
2017

Présentation de l'éditeur
Femmes en burkini suscitant des bagarres, cafés noyautés par des musulmans et « interdits aux femmes », viols effectués par cinquante individus musulmans à Francfort... Depuis quelques années, des informations inventées de toutes pièces ont pris de l’ampleur dans les grands médias, dans le but d’entretenir la peur d’un ennemi supposé menacer la nation et ses valeurs.
Ces paniques identitaires ne sont pas de simples rumeurs : elles apparaissent dans un contexte de défiance démocratique et sont relayées par des journalistes et des politiques, avant de s’évanouir du jour au lendemain. Mettant en scène le corps pur de la nation à protéger contre les Roms, les musulmans mais aussi l’héritage de Mai 68, la diversité, la « théorie du genre » et le communautarisme, ces récits révèlent en creux les formes actuelles de la domination et de la stigmatisation. Dans ce livre, une dizaine de spécialistes en sciences sociales (histoire, sociologie, anthropologie, science politique) montrent en quoi ces paniques identitaires viennent nourrir le renouveau du nationalisme français, en train de se reformuler et d’occuper presque tout l’espace médiatique.

Sommaire
Introduction, par Laurence De Cock et Régis Meyran
« Malaise identitaire » contre « affirmation identitaire » : les usages du mot « identité », par Régis Meyran
1968 ou le début de la fin. Catastrophisme anticontestataire et contre-sens identitaire, par Ludivine Bantigny
Le roman national au cœur des paniques identitaires, par Laurence de Cock
Le discours du « communautarisme », une logique de la guerre identitaire, par Fabrice Dhume
Le bon genre de l’identité nationale, par Fanny Gallot
L’insécurité culturelle : usages et ambivalences. Notes critiques à propos du livre de Laurent Bouvet, par Klaus-Gerd Giesen
Paniques identitaires, paniques territoriales : une spatialisation des crispations identitaires, par Cécile Gintrac
La diversité « à la française » ou la tentation d’une égalité sous conditions de performance identitaire pour les « non-frères », par Réjane Sénac
Panique sécuritaire et panique identitaire : quelques usages de « l’insécurité »,
par Laurent Mucchielli
L’ Algérie à Cologne, par Jocelyne Dakhlia



 

jeudi 20 avril 2017

vidéo: Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, Les Prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir

Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon
Les Prédateurs au pouvoir
Main basse sur notre avenir
Textuel
2017
Présentation de l'éditeur
La colère sociologique des Pinçon-Charlot est plus vive que jamais : plus de droite ni de gauche, tous sont réunis autour du veau d’or.
Cynisme et déni de la règle sont devenus le mode de fonctionnement « normal » des dominants. C’est en toute impunité que s’organise la corruption au profit d’une petite caste affamée d’argent sous l’oeil bienveillant des gouvernements.
Il y a bien sûr Donald, François, Marine et les autres, sur lesquels les Pinçon-Charlot alignent chiffres et faits irréfutables.
Ils jettent aussi leur lumière crue sur des pratiques d’une extrême violence : celles de la financiarisation des services à la personne ou la mondialisation du droit à polluer avec le juteux trafic des « crédits carbone ».
C’est une guerre que le couple mythique dénonce ici, avec l’argent comme arme de destruction massive. Une guerre de classe qui menace l’avenir de l’humanité.

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, sont spécialistes des grandes fortunes françaises. Leur ouvrage Le président des riches (La Découverte, 2010), s’est vendu à 150 000 exemplaires. Ils ont publié aux éditions Textuel en 2012 L’argent sans foi ni loi.

mercredi 19 avril 2017

Ariel Wilkis, The Moral Power of Money. Morality and Economy in the Life of the Poor

Ariel Wilkis
The Moral Power of Money 
Morality and Economy in the Life of the Poor 
Stanford University Press
2017

Présentation de l'éditeur
Looking beneath the surface of seemingly ordinary social interactions, The Moral Power of Money investigates the forces of power and morality at play, particularly among the poor. Drawing on fieldwork in a slum of Buenos Aires, Ariel Wilkis argues that money is a critical symbol used to negotiate not only material possessions, but also the political, economic, class, gender, and generational bonds between people.
Through vivid accounts of the stark realities of life in Villa Olimpia, Wilkis highlights the interplay of money, morality, and power. Drawing out the theoretical implications of these stories, he proposes a new concept of moral capital based on different kinds, or "pieces," of money. Each chapter covers a different "piece"—money earned from the informal and illegal economies, money lent through family and market relations, money donated with conditional cash transfers, political money that binds politicians and their supporters, sacrificed money offered to the church, and safeguarded money used to support people facing hardships. This book builds an original theory of the moral sociology of money, providing the tools for understanding the role money plays in social life today.
About the author
Ariel Wilkis is a researcher at the National Council of Scientific and Technological Research (CONICET) and Co-Director of the Center for Social Studies of Economics at the National University of San Martín, Argentina. 

mardi 18 avril 2017

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 216-217, Mars 2017, VARIA



Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 216-217, Mars 2017, VARIA
Seuil


4 Gouverner le vote des « pauvres »
Champs experts et circulations de normes
en Amérique latine (regards croisés Argentine/Mexique)
Hélène Combes et Gabriel Vommaro

24 La civilité marchande
Agressivité et retenue professionnelles
dans les activités de vente
Louis Pinto

42 La pédagogie charismatique
de Gilles Deleuze à Vincennes
Charles Soulié

64 La fabrique des dispositions urbaines
Propriétés sociales des parents et socialisation urbaine des enfants
Clément Rivière

80 Les garages à ciel ouvert :
configurations sociales et spatiales
d’un travail informel

Collectif Rosa Bonheur

104 Se voir « avec les yeux des autres »
Ou comment de jeunes ouvriers
se sont laissés imposer des représentations
dominantes d’eux-mêmes
Martin Thibault